Le concept existe depuis longtemps aux États-Unis, on le rencontre aussi dans les grandes villes, mais il est surtout à la mode depuis le succès médiatique de Cyril Lignac ("Chef, la recette ! ") et du renouveau insufflé par la dernière génération de chefs cuisiniers.

À seulement 26 ans, Sébastien Stouvenot jouit déjà d'une grande expérience en cuisine. Il a travaillé dans des établissements de toutes sortes, pour se forger une expérience, de l'usine aux palaces parisiens en passant notamment à la tête du Pic Blanc, à l'Alpe d'Huez. Seulement voilà. Las d'un métier où le retour n'est pas à la hauteur d'exigences toujours plus grandes - notamment en terme de qualité, de charges et d'investissement personnel - Sébastien a décidé de devenir chef à domicile. Une façon de renouer avec l'essence-même de son métier : le partage et le plaisir. Concrètement, comment ça marche ? Après un entretien téléphonique, où l'on convient avec le chef du menu, du nombre de convives et de ce que l'on recherche, on fixe la date du dîner. Ce jour-là, vers 16h 30, Sébastien Stouvenot débarque chez vous, avec les courses et une énorme valise qui contient ses ustensiles, mais aussi de la vaisselle et des accessoires comme les épices, le sel, le poivre, du papier sulfurisé ou encore des produits de nettoyage.

photo DL Perrine Coulon

La principale qualité du chef ? La faculté d'adaptation

À partir de l'instant où le chef enfile sa toque, votre cuisine devient un peu la sienne... Et au-delà des qualités techniques que requiert la préparation d'un dîner "traditionnel semi-gastronomique", la principale qualité du chef est sans aucun doute sa faculté d'adaptation. Cuisinière au gaz, micro-ondes, plaques vitro-céramiques voire plaques électriques... Il peut avoir ses préférences, mais sait faire feu de tout bois ! Ensuite, c'est à vous de voir : vous pouvez mettre à profit le temps qu'il vous reste pour vous préparer à recevoir vos hôtes ou discuter avec le chef qui officie dans votre cuisine, en demandant des conseils ou en suivant la préparation, étape par étape. « Le principal conseil que je donnerais aux gens, explique Sébastien Stouvenot en pleine préparation d'aumonières de chèvre et fondue de poireaux au miel, c'est de goûter... Il ne faut pas avoir peur d'essayer. C'est quelque chose qui manque, dans les recettes, je pense qu'on devrait écrire "Goûtez, et rajoutez un peu de ci ou un peu de ça... ". À l'arrivée des convives, la présence d'un chef à domicile peut épater, impressionner ou déstabiliser un peu les invités, mais très vite - dès les premières bouchées des verrines qui accompagnent l'apéritif - on se fait à l'idée de passer la soirée à déguster des mets fins et savoureux en toute convivialité, sans faire des allers-retours incessants en cuisine pour surveiller la cuisson du repas... Et quand le chef dit qu'il s'occupe de tout « de A à Z »... Ah, qu'il est bon de voir le zèle avec lequel il nettoie la cuisine avant de partir, épargnant une bonne heure de ménage avant d'aller se coucher !

Perrine COULON

Paru dans l'édition du dauphiné libere Savoie 73A du 28/12/2008 (60293)